Le calendrier de l'avant débarque sur l.a.p.d.
En attendant le papa noël le calendrier de l'avant fait son entrée sur LAPD et avec lui des tas de surprises !
Et pour tout découvrir, c'est par ici

 

 CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?

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Sujet: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Mer 22 Nov - 23:08

Les traits de son visage étaient flous. Le crayon s'était estompé. Les années l'avaient abîmé. Le papier s'était corné, il avait légèrement jauni. Le mouvement de ses cheveux s'était perdu dans les pliures de la toile improvisée. Ce dessin, Adélaïde l'avait oublié. Ce dessin, elle l'avait mis de côté parce qu'il était devenu trop douloureux, parce qu'il l'empêchait de penser à autre chose. Ce dessin avait disparu de sa vision depuis le début de l'année. Presque un an. Un an où les traits de son visage étaient devenus flous dans son esprit. Un an où elle avait omis les coups de crayon qu'elle avait donné pour ne pas oublier. L'année l'avait effacé et il suffisait d'un mail, d'une pièce jointe pour tout faire remonter. Sa mère était devenue silhouette noire, sans identité, dans sa tête. Au moment où elle avait compris l'objet de ce mail, elle s'était jetée sur ses cartons d'emménagement à la recherche du carnet qui contenait le dessin. Elle n'avait pas mis de temps à le trouver et à l'ouvrir. Le visage de sa mère - le souvenir que l'enfant qu'elle était avait en tout cas - c'était comme une claque en pleine figure. A genou sur le sol de son salon, Adélaïde pleurait à chaudes larmes. Pourtant, rien de malheureux, au contraire. La personne qu'elle avait engagé pour retrouver sa mère - dans ce qui semblait être l'autre bout du monde pour la jeune femme - avait rempli sa partie du contrat. Tout était décrit dans le mail, une localisation précise l'accompagnait. Sa mère était bien vivante, toujours dans les rues d'Argentine mais avec un travail et un semblant de vie plus potable.

Toute la pression concernant cette recherche, le dernier espoir qu'elle avait mis dans l'enquêteur privé, tout retombait. Sa mère était en vie et elle était d'accord pour rencontrer la petite fille qu'elle avait laissé dans un grand déchirement. Les souvenirs, douloureux et heureux, lui revenaient en tête, l'empêchait de stopper cette crise de larmes. Un soulagement, un véritable soulagement. Le stress s'évacuait, l'attente également. Onze mois qu'elle cherchait sa génitrice dans le plus grand des secrets. Andreas lui-même n'était pas au courant de ses démarches. Tout lui semblait tellement irréel encore, tout lui semblait complètement surréaliste mais c'était bien vrai et d'ici deux semaines, le temps de s'installer avant de partir, elle s'envolerait pour l'Argentine. Indéniablement émue par la nouvelle, la danseuse hésitait à répondre à l'interphone qui s'était mis à résonner dans le petit appartement. Respirant à fond pour faire redescendre ses larmes et s'éclaicissant la voix, elle finissait par y aller. « Oui, qui est-ce? »

Quand la voix de l'homme résonnait dans le haut-parleur, elle ne cherchait pas midi à quatorze heures pour raccrocher et appuyer sur le bouton pour le faire entrer dans le hall. Rapidement, elle se regardait dans le miroir de l'entrée, essuyant les traces de lire sur ses joues et priant pour que ses yeux dérougissent. En trop peu de temps, Aaron frappait déjà à la porte. Ouvrant cette dernière, elle plongeait dans ses bras pour une longue et réconfortante étreinte - peut-être aussi dans l'espoir qu'il ne s'aperçoive pas trop vite de la situation. « Je t'avais dit de ne pas venir avant une semaine, c'est encore le bazar ici. » C'était pas plus mal qu'il soit là finalement, ça faisait réellement du bien. « Je suis contente de te voir. » Elle concluait cette phrase par un baiser sur lequel elle s'attardait un peu avant de lui ouvrir entièrement la porte pour le faire entrer. « Je croyais que tu avais des rendez-vous toute la journée aujourd'hui? » Et le voilà qui trônait à côté des cartons empilés au beau milieu de la matinée. « Rien de fâcheux qui concerne la galerie j'espère? » parce qu'elle savait qu'il avait quelques rendez-vous la concernant. Beaucoup de questions, plus pipelette que d'habitude. Probablement oui.

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Sujet: Re: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Lun 27 Nov - 19:37

Les journées s’enchaînaient et ne se ressemblaient pas, pour le galeriste de Pasadena. Riches des si nombreuses rencontres qui florissaient parfois en collaborations artistiques ou commerciales, elles faisaient de lui un trentenaire épanoui dans sa vie professionnelle qui, pour son plus grand bonheur, atteignait des sommets que jamais il n’aurait pensé atteindre dix ans en arrière. Lui qui n’avait pas grandi avec des cuillères en argent sur la table, il était désormais fier de son ascension et souhaitait dire à qui voulait l’entendre que dans la vie, tout est question de volonté. On aurait pu lui reprocher de manquer de clairvoyance et d’oublier cette chance qu’il avait eu de rencontrer les bonnes personnes au bon moment, mais cela n’aurait pas changé grand chose à son discours d’homme bourré d’assurance...

Du côté de sa vie privée, c’était bien plus calme. Tant dévoué à son travail, il en oubliait parfois que le bonheur ne se trouve pas seulement dans la réussite socio-professionnelle mais aussi dans ce cocon qu’il avait construit en parallèle, loin des regards curieux. Sa fille était encore trop jeune pour lui reprocher quoi que ce soit et il en profitait, malgré lui, de façon assez égoïste. Passant trop d’heures au travail, abusant parfois de la disponibilité de la babysitter. Il ne pensait pas à mal, et il aurait fallu être bien aveugle pour ne pas voir que Valentina était ce qu’il avait de plus cher sur cette Terre.  

Ce matin-là, Camila Bianchi, une artiste reconnue originaire de Rome mais en voyage à Seattle depuis quelques semaines, avait appelé pour signaler qu’elle ne pourrait pas être présente à leur rendez-vous ; pour cause, un vol d’avion retardé de plusieurs heures. Le galeriste était donc libre pendant une bonne partie de la journée. Sa fille étant à l’école et de surcroît sous la garde de Shaé cette semaine, Aaron pensa tout naturellement à aller voir Adélaïde. Celle qu’il appelait désormais sa petite-amie était depuis quelques mois l’une de ses priorités chaque fois qu’il quittait son lieu de travail. Autrefois libertin, il s’était lentement transformé en un homme davantage soucieux du bonheur de cette unique personne avec qui il partageait son intimité. Malgré ses légers flirts par-ci par-là avec d’autres femmes - c’était plus une attitude innée qu’un réel désir de séduire - il n’avait aucun mal à assumer sa relation avec la jeune Sullivan. C’est d’ailleurs chez elle qu’il se rendit, se fichant bien de cet avertissement qu’elle lui avait fait. De toute façon, Aaron Campbell était de ces hommes qui vont là où il souhaitent aller, que cela plaise ou non.

L’immeuble dans lequel elle venait d’emménager était plutôt récent mais pas moderne pour autant. Propre, lumineux dans ses parties communes mais aussi simple, et sans artifices. Rien qui ne surprenne l’artiste. Trois par trois il grimpa les marches et arriva bien vite devant la porte d’entrée de l’appartement. Elle se trouvait dans l’encadrement et il eut à peine le temps de la regarder qu’elle se jetait déjà contre lui. “Je t’avais dit de ne pas venir avant une semaine, c’est encore le bazar ici.” C’était de ces paroles, donc, qu’il n’écoutait que d’une oreille. Et encore… Il s’amusa donc de ses remontrances et en profita pour resserrer sa prise contre lui. “Je suis contente de te voir.” Il l’était aussi, sans cela il n’aurait pas fait le détour par le centre ville pour venir la voir. Sa main se posa sur sa hanche et il répondit volontiers à son baiser en le prolongeant de quelques secondes. Une fois la porte refermée derrière lui et Adélaïde libérée de son étreinte, il s’enquit d’observer les lieux avec un certain intérêt. “Je croyais que tu avais des rendez-vous toute la journée aujourd’hui?” Les meubles étaient pour la plupart installés ; en ce qui concernait la décoration, ça devait se trouver en grande partie dans tous ces cartons empillés autour d’eux. “Rien de fâcheux qui concerne la galerie j’espère?” Aaron avait déjà fait quelques pas vers le salon, et il se retourna vers la blondinette en affichant un air zen qui contrastait avec la question posée. “Non, non, rien de grave. La cliente que je devais voir vient de Seattle et son avion a quelques heures de retard. Notre rendez-vous est seulement décalé à ce soir.” Tandis qu’il énonçait ces derniers mots, il remarqua quelque chose qui traînait sur un carton à moitié ouvert. S’approchant de l’objet, qui était d’ailleurs une feuille volante, Aaron discerna des coups de crayon, un visage dont les traits étaient éclaircis par le temps. “Qui est-ce ?” Ses yeux allèrent retrouver la silhouette d’Adélaïde, qui n’avait pas bougé d’un centimètre. C’est à ce moment-là qu’il vit sur son faciès que quelque chose n'allait pas. N’y voyant aucun lien avec le dessin, il s’empressa alors d’ajouter :  “Tu es sûre que ça va ?”

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Sujet: Re: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Mer 29 Nov - 2:06

Reprendre constance. Profiter de sa présence. Ne pas gâcher ce moment pour quelque chose qu'elle pouvait gérer seule - elle en était persuadée en tout cas. Maintenant qu'il était là, elle ne voulait plus pleurer, elle voulait juste profiter. Non pas qu'elle se refusait d'en parler mais elle pourrait le faire plus tard. Le planning d'Aaron était assez chargé comme ça pour limite leurs entrevus, elle ne voulait pas gâcher un seul moment en sa compagnie par des larmes de crocodile qu'elle ne saurait pas stopper. Instinctivement, elle changeait de conversation, se souciait davantage du pourquoi il était ici et non en rendez-vous comme c'était prévu. Elle profitait du dos tourné du trentenaire qui s'avançait dans l'appartement pour se regarder brièvement dans le miroir une dernière fois. Ce n'était pas la joie mais elle avait eu la bonne idée ce matin de se maquiller à coup de waterproof, amen.

Juste le temps de ça, un court instant d'inattention et il avait déjà son dessin entre les mains, ne manquant pas de demander qui elle pouvait être, ignorant à quel point cette question pouvait faire mal à la jeune Sullivan. Qui elle était? Elle n'en savait rien finalement. Un souvenir. Un souvenir datant de vingt ans. Est-ce qu'on pouvait encore qualifié ce dessin comme la réalité des choses? Adélaïde avait conscience que sa mère ne ressemblait plus à ça, que son visage s'était probablement ridée tout comme celui de sa petite fille s'était transformé en visage de femme. Elle en avait conscience oui mais ça faisait mal de se l'avouer, ça faisait mal de le savoir, assez pour ne répondre à sa question que lorsqu'il posait la seconde. L’œil du photographe, habitué à capturer les émotions, avait certainement dû desceller son malaise et sa peine mêlée à une joie qu'elle n'arrivait pas à exprimer par un sourire.

« Un des seuls souvenirs que j'ai de ma mère. » Sa gorge s'était serrée sur ses derniers mots, les larmes étaient montées sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Ça l'énervait de ne pas savoir se contrôler à la moindre évocation de sa génitrice. « Fait chier bordel. » Au moins il avait la réponse à sa question, plus ou moins. Elle ne pleurait pas parce que ça n'allait pas, elle ne pleurait pas de tristesse. Elle pleurait d'une pression qui redescendait, d'une possibilité de renouer avec sa mère et ses origines, elle pleurait de cette opportunité qui lui était offerte et qui la remplissait d'émotions si vives qu'elles en débordaient par tous ses pores. « Tu t'es jamais demandé pourquoi j'en parlais jamais? » Le nombre de fois où Aaron avait parlé de "ses parents" et qu'elle l'avait rectifié indirectement en ne parlant que de son père. Peut-être qu'il avait cru que sa mère était décédée et qu'elle ne souhaitait pas en parler. C'était probable et plutôt courant comme situation après tout.

« Elle est vivante. Je l'ai cherché pendant onze mois et elle est finalement vivante. » Une façon de lui dire qu'elle l'avait cherché si longtemps qu'elle en avait perdu espoir, que ce rebondissement était bouleversant tant elle ne s'y attendait pas mais que sa finalité était joyeuse malgré ses larmes. Irrémédiablement, elle finissait par quitter l'entrée pour trouver du réconfort dans ses bras, se cachant de son regard par la même occasion parce qu'elle détestait toujours autant se montrer faible - bien qu'il était plus facile d'y faire face depuis que Jane était endormie. Quelques minutes, quelques instants volés, elle ne savait pas trop le temps qui s'était écoulé avant qu'elle ne se calme, qu'elle ne retrouve un semblant de respiration et que ses larmes se réduisent. « Excuses-moi. Je voulais pas que ça se passe comme ça. » Qu'il subisse tout ça maintenant. « Mais je t'assure que ça va. » disait-elle non sans lâcher un rire qui traduisait combien ses paroles lui semblaient ridicules quand on prenait en compte qu'elle essuyait les sillons de ses larmes.

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Sujet: Re: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Mer 6 Déc - 20:46

Elle n’avait encore rien répondu mais il avait déjà la réponse à sa question. Non, ça n’allait pas. Les yeux d’Adélaïde ne trompaient pas Aaron ; tout du moins ils ne les trompaient plus. Le maquillage n’avait pas coulé, certes, mais il manquait une lueur dans l’iris noisette de l’étudiante qu’il  connaissait. Un voile mystérieux recouvrait son habituelle légèreté et plus cela lui semblait évident, plus le malaise s’installait dans la pièce. Deux ou trois secondes à peine passèrent entre sa question et la réponse d’Adélaïde ; il en parut tellement plus. “Un des seuls souvenirs que j’ai de ma mère.” Dans ces mots, il sentait aisément toute l’émotion de la jeune femme, et par la force des choses, cette émotion le saisit dans son for intérieur. “Fait chier bordel.” Aaron devina l’arrivée des larmes sur le visage de sa petite-amie et cela l’amèna à se retourner complètement vers elle, prêt à la rejoindre pour essuyer ce qu’il n’avait jamais supporté de voir sur le visage de ses plus proches. Mais il ne bougea pas, finalement. Elle reprit la parole avant qu’il ne puisse faire le moindre pas. “Tu t’es jamais demandé pourquoi j’en parlais jamais?” Si, bien sûr que si il s’était déjà interrogé sur sa mère. S’il ne l’avait pas fait à voix haute, c’est parce que sa sensibilité assez peu ordinaire pour son genre l’avait incité à ne pas le faire. Parce qu’il s’était imaginé, allez savoir comment ou pourquoi, que ce n’était pas un sujet à aborder si elle ne le faisait pas elle-même… Mais la réserve d’Aaron sur tous ces sujets pourtant si importants de la vie lui retombait souvent dessus. Et cette fois-là encore, il ressentait en lui ce sentiment de remord vis-à-vis de celle qui lui accordait pourtant une grande confiance. Comment avait-il pu merder là-dessus ? Comment avait-il pu faire l’impasse sur sa mère ?

“Elle est vivante. Je l’ai cherché pendant onze mois et elle est finalement vivante.” Le poids des mots était lourd. Lourd de sens et lourd d’impact. Il comprit en un bref instant que cette mère absente de la vie d’Adélaïde n’était pas qu’une femme peu soucieuse de la vie de sa fille, quand bien même cela aurait déjà été dommage, mais qu’il s’agissait en réalité d’une femme disparue, manquée et ô combien regrettée. Une femme qu’elle avait cru morte. Et dans la seconde qui suivit, Aaron se sentit envahi par ce frisson glacial qui lui rappela la disparition de sa soeur, des années en arrière. Toutes ces séances passées chez un psychologue, pour au final ne revivre que lorsqu’elle réapparut dans sa vie. C’est tout cela qui piqua Aaron à vif, alors que ses bras se rouvraient pour accueillir Adélaïde contre lui. Il eut à peine le temps de la voir pleurer, mais cette fois-là il comprit que ce n’était pas des larmes de tristesse. Ou tout du moins, c’était des larmes évoquant la fin d’une tristesse trop lourde pour être ignorée. “Excuses-moi. Je voulais pas que ça se passe comme ça.” Blottie contre son torse, Adélaïde tentait de retrouver une respiration normale. Le trentenaire, lui, regardait de nouveau ce dessin dans le dos de la jeune  femme. Il chercha les traits de la fille sur ceux de la mère et fantasma l’idée d’une rencontre avec cette femme alors qu’il ne s’inquiétait même pas de son existence deux minutes en arrière. C’est un peu de choc et de la compassion qui se mêlaient sur son visage. Quel étrange et fort moment. “Mais je t’assure que ça va.” A l’évidence, il voyait qu’elle n’allait pas mal et c’était sans doute le principal. Mais Aaron n’avait pas pour habitude de se contenter d’une bouchée quand on lui en suggérait toute une assiette. “Je suis désolé, Adé.” Lâcha-t-il, le ton de voix marqué par l’amertume qu’il ressentait envers lui-même. Il était pourtant attentionné, la plupart du temps. Mais il avait déconné sur ce tableau-là. Il le savait. “Je n’ai jamais cru bon de ...” de parler d’elle, de cette mère lointaine dont elle n’évoquait jamais le moindre éclat de vie. Les lèvres du photographe se posèrent contre le front d’Adélaïde et elles y restèrent un moment encore, pendant lequel il contempla cette fois le dessin. “Pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé ? J’aurais peut-être pu t’aider.” Sur ces mots, il se détacha doucement d’elle et chercha son regard. L’une de ses mains vint essuyer l’humidité présente sur ses joues tandis qu’il s’asseyait sur un carton rempli que le scotch recouvrait encore. La feuille toujours coincée entre son pouce et son index, Aaron ne quittait cependant plus l’artiste en herbe du regard. “Ton père est au courant ?” En d’autres mots, il souhaitait désormais comprendre. Comprendre pour mieux pouvoir la soutenir car tel était son rôle.

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Sujet: Re: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Jeu 14 Déc - 17:03

Adélaïde ne captait pas tout ce que ça pouvait engendrer chez Aaron, combien ses propres mots pouvaient résonner douloureusement en lui en faisant écho à sa propre histoire. Le trop plein d'émotions qu'elle ressentait finissait par déborder et l'obligeait naturellement à venir chercher du réconfort au creux de ses bras. C'était un endroit qu'elle affectionnait beaucoup, le plus simplement du monde, pour beaucoup de raisons. Dès l'instant où ses bras l'enserraient, elle se sentait protégée du monde extérieur, des regards qui peuvent vous juger, des murmures qui peuvent blesser et de la curiosité mal placée d'autrui. Plus grand qu'elle, évidemment plus musclé, elle se fondait contre lui, disparaissant aux yeux des autres. La Jane qui aimait la domination, se faire voir, être entendue avait laissé place à une Adélaïde en quête de discrétion et l'idée qu'elle puisse presque passer inaperçue contre lui, ça lui plaisait beaucoup. Probablement sans le savoir, il était garant de son bien-être à ce niveau-là et ses gestes tendres ne faisaient qu'amplifier cette vérité. Elle pouvait se laisser aller sans avoir peur d'être jugée, elle avait toujours été elle-même avec lui finalement et rien que pour ça, il était aisé de comprendre pourquoi son palpitant l'avait choisi lui plutôt qu'un autre pour marcher à ses côtés. « C'est pas grave, je t'assure. Je pense pas que j'aurais répondu de toute façon. » Elle en était quasiment persuadée. Se prendre de face le sujet de sa mère sans qu'elle puisse s'y préparer psychologiquement aurait posé un problème et pour sûr qu'elle se serait refermée comme une huître. Aujourd'hui, c'était différent. Le sujet avait abordée en étant naturellement amené par un dessin qu'elle avait laissé traîné.

Secouant doucement la tête, elle notifiait que son père n'était pas au courant. « Personne ne l'était jusqu'à maintenant. J'avais pas envie qu'on me demande tous les quatre matins si ça avançait et j'avais pas envie que ça fasse remonter de la culpabilité chez lui non plus. » Pour en savoir discuté plusieurs fois avec son père, elle savait qu'Emrys s'en voulait pour ce qu'il avait fait plusieurs années en arrière. Quant à savoir pourquoi elle n'avait pas cherché de l'aide auprès du photographe, la raison était différente puisqu'elle le savait assez délicat pour ne pas lui poser la question de l'avancement de l'enquête tous les jours. Le stress lui rongeait soudainement les tripes mais elle savait que c'était le moment d'en parler, de lui faire comprendre ce que l'absence de sa mère avait engendré. « Je craignais ta réaction. Je la crains toujours d'ailleurs mais tu mérites des explications. » Si ce n'était pas à lui qu'elle pouvait raconter son histoire, elle ne pourrait la raconter à personne, c'était certain et ce, même si elle craignait qu'il prenne peur face à la vérité pas jolie à voir. Un instant d'hésitation, un souffle pour faire redescendre la pression. « Quand on s'est connu, j'étais malade mais je refusais de l'admettre. Psychologiquement ça n'allait pas. » Malade mental comme on dit mais c'était des mots trop durs à prononcer parce qu'ils avaient une connotations bien trop violentes, capable de lui faire prendre ses jambes à son cou.

« Je vais te montrer quelque chose. » Quittant ses bras et son regard trop dur à supporter par la même occasion, elle déplaçait un carton pour avoir accès à un autre, juste en dessous. Cette partie de son histoire, elle n'avait pas besoin de fouiller pour la trouver, peu importait où elle pouvait être, elle savait d'instinct où elle était parce que son cœur n’oublierait jamais. Dans ce carton, des bouquins, rien de bien intéressant mais au milieu d'eux, un porte-vue qu'elle extirpait. Tournant quelques pages, elle s'arrêtait sur des articles de journaux vieux d'une vingtaine d'années, visiblement plastifiés pour éviter leur détérioration naturelle. Posant le porte-vue entre les mains du brun, elle savait que son regard serait naturellement porté sur eux et non sur elle ce qui était plus facile pour parler, pour argumenter. « J'avais six ans quand il est venu me chercher en Argentine. » Des mots qui amoindrissaient la vérité crachée par les gros titres des articles de journaux. On pouvait facilement y lire "arrachée à son pays natal", "privée de sa mère", des mots forts qui oubliaient que dans la cruauté médiatique de son père, il l'avait sauvé de la pauvreté en contrepartie. « Jane n'était qu'une carapace dans laquelle je m'enfermais pour ne pas faire face à la réalité, pour ne pas être blessée mais ça finissait toujours par me retomber dessus et m'enfoncer dans une phase de dépression assez impressionnante. »

Haussant les épaules, elle profitait de son élan pour continuer sans se dérober sous ses propres pieds. « Il y a un peu plus de deux ans maintenant, les médecins ont estimés que ma bipolarité a dû se développer à partir de mon arrivée ici à peu près, que je l'avais personnifié sous deux identités distinctes et qu'elle s'était renforcée avec les années en se liant à de la nymphomanie, en laissant Jane écraser Adélaïde parce que c'était plus supportable comme ça... C'est ce que je croyais en tout cas. » Deux ans, quand Andreas et son père l'ont mise de force dans un hôpital et qu'elle en était ressortie qu'une année plus tard. C'était toujours difficile à admettre qu'elle avait été malade à ce point et bornée au point de se laisser aller jusqu'à vouloir se suicider. Elle se sentait ridicule, honteuse et terriblement faible à l'instant. Elle lui dévoilait toute une facette de sa vie bien cachée, bien tassée dans un coin. Même Emrys avait fait en sorte, à grand coup d'argent posé sur la table des journalistes, que l'histoire ne soit plus jamais relatée, peu importait les frasques que sa fille pouvait faire. Que personne ne se souvienne de cette petite fille ébranlée par l'absence de sa mère. Grave erreur pour laquelle il s'en voulait beaucoup aujourd'hui. « Je la pensais décédée depuis toutes ses années de misère comme ça a été le cas de ma grand-mère qui vivait avec nous. » Son regard finissait par se redresser sur lui. Elle se faisait silencieuse parce qu'elle se rendait compte que l'élan de courage dont elle avait profité pour tout déballer, ça faisait tout de même beaucoup à avaler.

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Sujet: Re: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Dim 7 Jan - 16:50

Qu’Emrys ne soit pas au courant des recherches de sa fille de vingt-sept ans intrigua Aaron. Il y avait forcément une raison à cela ; les secrets entre un père et une fille ne doivent être fondés que sur de lourdes explications. Ce n’était pas son vécu avec son propre géniteur qui lui faisait croire cela, plutôt son lien déjà si fort avec sa fille alors que cela ne faisait que deux ans qu’elle était apparue dans sa vie. Quels mystères lui réserverait-elle bientôt ? Et puis, il avait sa mère. Cette relation si puissante qu’il avait tissée avec elle au fil des années et qui ne pourrait supporter que peu, très peu de lourds secrets. Aaron regardait Adélaïde avec curiosité, attendant qu’elle lui donne le reste des informations qu’elle souhaitait visiblement lui donner. Et il était sans doute temps. Il y a des émotions que notre corps refuse parfois de conserver davantage. “Je craignais ta réaction. Je la crains toujours d'ailleurs mais tu mérites des explications.” Le genre de formulation que l’on peut difficilement apprécier. Aaron ne dérogea pas à la règle, fronçant alors ses sourcils suite à ces mots énigmatiques. Qu’avait-elle pu lui cacher à ce sujet qui soit susceptible de lui déplaire ? “Quand on s'est connu, j'étais malade mais je refusais de l'admettre. Psychologiquement ça n'allait pas.” L’instant suivant, confus, il se rémémora le visage à la fois si juvénile et si irrésistible de la jeune fille dans l’avion, lorsque leurs regards s’étaient croisés pour la première fois. Elle était debout, lui assit. Elle cherchait son siège, à moins que ce ne soit une occasion de le séduire lui. Il n’en était plus tout à fait sûr et ce n’était pas important, car au final elle l’avait trouvé, lui. “Je vais te montrer quelque chose.” Il revint à lui, à ce qu’elle venait de lui dire. Non pas qu’elle allait lui montrer quelque chose, mais qu’à l’époque elle n’allait mentalement pas bien. Comment… Comment ? Il n’eut pas vraiment le temps d’y réfléchir, car elle posait un carnet dans ses mains. Il l’ouvrit, en éplucha d’abord vaguement le contenu, les pages plastifiées ne lui disant alors pas grand chose. Jusqu’à ce qu’un gros titre attire son attention. “J'avais six ans quand il est venu me chercher en Argentine.” Ces articles se positionnaient très clairement. Ils dépaignaient Emrys en un père dépourvu de la moindre bienveillance envers sa fille et envers cette mère qui se retrouvait alors privée de sa chair. Les médias s’étaient visiblement emparés de l’affaire de façon impitoyable, sans doute aveuglés par la fortune du père d’Adélaïde déjà florissante à l’époque. Aaron ne sut tout d’abord comment réagir. Ses positions d’homme, de père, et de compagnon le partageait entre différents points de vue, de façon irrémédiable, mais la jeune femme le rappela bien vite à la dernière. “Jane n'était qu'une carapace dans laquelle je m'enfermais pour ne pas faire face à la réalité, pour ne pas être blessée mais ça finissait toujours par me retomber dessus et m'enfoncer dans une phase de dépression assez impressionnante.” Jane… Ce prénom qu’il avait trouvé si séduisant à l’époque, et si prometteur de choses indécentes. Il ne s’y était pas tant attaché car il ne s’agissait que de quatre lettres et que son caractère avait bien vite pris le dessus. Cette personnalité dont il n’avait exploré les recoins que dernièrement, depuis quelques mois où ils s’étaient rapprochés et s’étaient officiellement proclamés en couple… Adélaïde reprit la parole, mais il ne relevait pas le regard. Perdu dans ses pensées et ses souvenirs. “Il y a un peu plus de deux ans maintenant, les médecins ont estimés que ma bipolarité a dû se développer à partir de mon arrivée ici à peu près, que je l'avais personnifié sous deux identités distinctes et qu'elle s'était renforcée avec les années en se liant à de la nymphomanie, en laissant Jane écraser Adélaïde parce que c'était plus supportable comme ça... C'est ce que je croyais en tout cas.” Alors il avait été trompé à l’époque mais l’évidence frappante, c’est qu’elle s’était trompée elle-même avec cette fausse identité. Trompée, dupée. Blessée. Un mal-être dont il avait du mal à voir toutes les conséquences malgré les paroles de l’étudiante. Une masse d’information qu’il devait prendre en compte étant donné le sérieux et la solennelle sincérité avec lesquels elle était partagée. Mais toutes ces révélations le chamboulèrent à tel point qu’il ne trouva aucun mot pour transcrire ses pensées. “Je la pensais décédée depuis toutes ses années de misère comme ça a été le cas de ma grand-mère qui vivait avec nous.” Aaron s’était immobilisé, le regard grave sur ces photos déchirantes d’une enfant arrachée à sa mère et d’un homme si bien habillé, si digne. C’en était navrant, mais il se doutait de la manipulation médiatique. Il savait qu’Emrys était un homme avec un bon fond et il pensa que ce qu’il avait fait devait s’accorder avec des principes honorables. Pour autant, comment pourrait-on recommander ce type d’agissement ? C’en était trop. Aaron referma le porte-vue et il le posa à côté, avec le dessin. Sa main vint s’écraser sur son visage et il se massa les tempes, se frotta les yeux. Il essuya de ce visage tout ce qui pouvait être de trop, ces émotions qu’il ressentait mais qu’Adélaïde n’avait pas besoin de voir. Elle n’avait pas besoin de voir le père ébranlé en lui, elle avait sans doute plus besoin de voir l’homme en qui elle avait confiance. Ce n’était pas bien dur à imaginer, mais c’était dur à réaliser. Des tonnes questions finirent par se bousculer dans sa tête... mais sa curiosité fut réduite au silence quand il releva ses prunelles sur elle. “Je… Je ne sais pas quoi dire, Adélaïde.” Il aurait souhaité que cela soit plus simple. Elle aussi, sûrement. “Je ne sais pas à qui je dois en vouloir le plus... A moi de n’avoir jamais rien deviné. A ton père de t’avoir arrachée à ta mère de cette façon. A ces salauds de journalistes pour avoir oublié leur part d’humanité en remplissant ces torchons...” Il les regarda sur le côté, de nouveau. Puis il ferma ses yeux, serra la mâchoire pour ne rien ajouter de plus qui pourrait la blesser. Lui qui trouve toujours les mots d’habitude… Il se retrouvait dans une posture délicate. Et les secondes passèrent sans qu’il ne dise quoi que ce soit. Un temps de silence nécessaire durant lequel il ressassa tout ce qu’elle venait de lui dire. Puis il soupira, et la regarda de nouveau. “Es-tu encore suivie pour… pour tes problèmes médicaux ?” Il ne put s’empêcher de revenir là-dessus. Quand bien même le sujet principal était sa mère. “J’ai besoin de savoir, Adélaïde.”

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Sujet: Re: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Dim 7 Jan - 18:05

Ça se fracassait dans sa tête, dans tout son corps. Son cœur battait déraisonnablement, incapable de le stopper, dicté par le stress et par la peine. Lui raconter était une décision dangereuse, elle le savait. Pour elle dans un premier temps parce que c'était se replonger dans des souvenirs douloureux, de ceux qui l'ont transformé en cette Jane impitoyable. Pour eux, dans un second temps. Lui révéler son passé, pas si lointain certes, était prendre le risque de voir exploser en éclat leur relation déjà fragile par sa jeunesse et par toutes les différences qui les rendent si complémentaires. C'était ce dont elle avait le plus peur, c'était sur quoi se basait son appréhension. Elle ne lui avait jamais menti, elle s'était seulement contentée de ne pas révéler ce qu'il ne pointait pas du doigt par lui-même. Il le faisait en ce milieu de matinée et c'était presque naturel de lui dire parce que mentir était bien la dernière des choses qu'elle voulait faire avec lui. Alors elle parlait, retenait ses larmes autant qu'elle le pouvait, prenait parfois des pauses pour lui laisser du temps et pour se laisser le temps également de faire redescendre cette pression qu'elle sentait sur ses épaules. Elle avait conscience que c'était difficile à comprendre, difficile à digérer. Trop d'informations, trop de révélations mais elle ne pouvait pas faire l'impasse sur quoi que ce soit pour qu'il comprenne comment tout cela s'était passé à l'époque, comment l'impact psychologique avait dicté sa vie jusqu'à maintenant, jusqu'à ces dernières années. Ce qui aurait dû être un moment de bonheur pour elle à l'idée de retrouver sa mère prenait une pente glissante, trop glissante pour ne pas se révéler dangereuse.

Quand elle arrêtait enfin de parler, de tourner les pages entre les doigts du trentenaire, le silence se faisait lourd, écrasant. Elle avait la sensation d'entendre son cœur, de le sentir se tordre et cogner contre ses tempes. Cette boule à l'estomac ne faisait que grossir face aux gestes silencieux d'Aaron. Pourquoi ça la stressait à ce point bon sang? N'est-ce pas quand on est sur le point de perdre quelqu'un qu'on se rend compte à quel point on peut être attaché à lui? Son regard posé sur le brun transpirait la panique qu'elle subissait à l'intérieur d'elle. Le voile de ses iris ne cachait rien quand un soupir lourd, tremblant, se glissait à l'orée de ses lèvres alors qu'elle était incapable d'arrêter de se tordre les doigts, signe d'un stress évident face à lui. Il pourrait la briser de quelques mots bien placés. Elle se fissurait déjà un peu sur place quand les lippes de l'homme libéraient la parole. Elle n'était pas dupe pour savoir que même sans la citer, c'était évident qu'il lui en voulait un peu de n'avoir rien dit. Dans sa tête à elle en tout cas, ça serait évident. « T'as pas à t'en vouloir de quoi que ce soit, c'est pas quelque chose que tu aurais pu deviner. Quant à mon père, il s'en veut déjà bien assez. » Les journalistes, eux, elle ne pouvait pas vraiment les défendre. Jamais Aaron n'aurait pu deviner toute cette histoire. Aujourd'hui, la relation entre Emrys et sa fille était trop paisible pour se rendre compte du tragique sur lequel elle était basée. Les journalistes avaient omis combien Emrys avait aimé sa fille dès l'instant où il l'avait prise dans ses bras la première fois.

Elle aurait aimé que ça s'arrête là, que la conversation n'aille pas plus loin mais elle n'était pas assez utopique pour ça. Elle savait que son petit-ami avait probablement mille questions à lui poser avant de décider de son sort, de leur sort. Elle n'était plus maîtresse de rien et encore moins quand il posait la question qui faisait sûrement le plus de mal. Croisant les bras, sans vraiment s'en rendre compte, elle se refermait comme une huître. Aaron, lui, le voyait bien et soulignait combien il avait besoin de savoir. Elle ne voulait pas lui mentir, vraiment pas mais bordel ce que c'était difficile d'admettre que Jane ne disparaîtrait jamais. « Je sais que tu penses à ta fille. » Parce que depuis sa naissance, il était un père avant d'être un photographe, avant même d'être un homme. Elle comprenait sa crainte d'introduire une personne comme elle dans la vie de sa progéniture. Est-ce que c'était vraiment sain pour elle? Est-ce qu'il pouvait avoir confiance en Adélaïde malgré tout? C'était des questions logiques parce que toutes les personnes se la posaient face aux personnes malades mentales, que ce soit guéri ou non d'ailleurs. Et si elle rechutait au mauvais endroit, au mauvais moment?

Secouant légèrement la tête pour se convaincre de ne pas pleurer, ses bras se serraient d'autant plus autour d'elle, par crainte, pour se protéger aussi sûrement un peu. « C'est stable depuis plus d'un an maintenant. Depuis la vente aux enchères, quand tu m'as demandé de te rejoindre au coin de la rue, je suis stable et en accord avec moi-même. » Un temps de silence, très court et le couperet tombait. Elle ne pouvait décidément pas lui mentir là-dessus, c'était trop important. « Le suivi et le traitement sont à vie. C'est pas quelque chose qui peut s'effacer avec le temps. » Quitte à tout faire imploser, elle lui devait la vérité. « Je veux juste que tu saches que ça a aucune influence sur qui je suis vraiment, au contraire. Ça m'aide à être moi-même. » Attrapant la main du trentenaire dans un geste instinctif, elle la posait sur sa poitrine. « Ça ne change pas ce que je ressens pour toi. » Qu'il sente son stress, qu'il sente combien elle tenait à lui, c'est tout ce qu'elle voulait à cet instant. Qu'il réalise combien elle a besoin de lui pour son équilibre, combien lui, sa personnalité, son regard sur elle, l'avait influencé dans le bon sens.

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Sujet: Re: CAN YOU FEEL THIS TURNING POINT?   Dim 14 Jan - 16:21

Les révélations que la jeune femme venaient d’extérioriser chambardèrent le monde presque trop bien structuré d’Aaron. Lui qui pensait naïvement que la découvrir davantage ne serait synonyme majoritairement que d’agréables surprises sur le moyen voire long terme, il se retrouvait alors plongé dans un tourment inattendu. Cette fille que l’on imaginait sans ennuis avait finalement son lot de difficultés, comme tout le monde, sauf que tout le monde n’avait pas vécu ce qu’elle avait vécu. Et aux yeux du trentenaire dont les premières années avaient été synonymes de souffrance, cette enfance écorchée valait d’être prise en considération. Certes il aurait souhaité savoir tout cela avant car cela aurait été signe de confiance entre eux, mais il n’en voulait pas concrètement à Adélaïde d’avoir pris le temps de lui apprendre ces faits. Il en voulait à ceux qui avaient abusé de l’enfant fragile et impuissante qu’elle était. “T'as pas à t'en vouloir de quoi que ce soit, c'est pas quelque chose que tu aurais pu deviner. Quant à mon père, il s'en veut déjà bien assez.” Elle défendait ouvertement son père, et Aaron ne pourrait rien contre cela. Pour autant cela ne l’empêcherait pas de garder ce sentiment de rancœur envers ce jeune père qui, à l’époque, n’avait sûrement pas assez réfléchi avant d’agir. D'un autre côté, Emrys était désormais un de ces grands hommes dont la renommée sociale et professionnelle inspirait Aaron chaque jour ; peut-être valait-il mieux qu’il se cantonne à ça… A vrai dire, il n’en savait rien et il n’avait pas particulièrement envie de s’attarder sur tout ça. Adélaïde avait son passé mais lui faisait partie de son présent. Un présent qui déboucherait sur un futur qui, par la force des choses, le préoccupait de plus en plus. Il s’obligeait à préparer le mieux possible l’avenir de sa fille, surtout, et l’annonce de la maladie de la jeune femme ne pouvait pas être ignorée comme si de rien n’était. Ce n’était pas le genre d’Aaron d’éviter les sujets sensibles quand ceux-ci risquaient de chambouler un peu plus que sa propre vie. Mais toutes ces peurs provenaient en grande partie du caractère à vif de ces révélations. “Je sais que tu penses à ta fille.” Pas seulement, eut-il envie de répondre. De façon égoïste, il pensait aussi à lui, à ce qui l’attendrait si ce qu’elle lui annonçait serait trop lourd. Mais il se contenta de relever son regard soucieux sur elle. “C'est stable depuis plus d'un an maintenant. Depuis la vente aux enchères, quand tu m'as demandé de te rejoindre au coin de la rue, je suis stable et en accord avec moi-même.” Qu’est-ce que cela signifiait vraiment ? Aaron était complètement étranger à ces maladies et aux souffrances qu’elles engendraient. Il ignorait que les sentiments pouvaient avoir un impact dans le chemin qui les menaient, peut-être, vers la guérison. “Le suivi et le traitement sont à vie. C'est pas quelque chose qui peut s'effacer avec le temps.” C’était lourd à entendre pour le photographe. Mais voir celle qu’il aimait dans cet état d’anxiété l’affectait aussi. “Je veux juste que tu saches que ça a aucune influence sur qui je suis vraiment, au contraire. Ça m'aide à être moi-même.” Et jusqu’à ce moment, il n’avait voulu qu’elle-même. Cette version d’elle qu’elle mettait en avant, et aucune autre. Il l’avait désirée avec sa joie de vivre et sa philosophie de vie pleine de légèreté dont elle ne semblait presque jamais se détacher. C’était bien de cette fille dont le grand brun s’était entiché. Mais lorsqu’elle attrapa sa main pour la coller sur sa poitrine, par dessus son cœur, Aaron sentit tout le poids de son amour pour lui. “Ça ne change pas ce que je ressens pour toi.” Ce qu’il ressentait pour elle s’exprima d’abord silencieusement. Son propre cœur vibra sous sa poitrine et se mit à battre la mesure façon crescendo. Ses yeux explorèrent les cratères mouvementés de ces iris qu’il affectionnaient tant et qui, à cet instant précis, semblaient tant attendre de lui. En réalité, il sentait que tout son être attendait de lui qu’il la rassure quand de son côté à lui, il cogitait comme jamais.

Il lui fallut quelques secondes pour comprendre. Et lorsqu’il comprit, il réalisa alors qu’il ne s’agissait plus de Valentina ou bien même des dangers qui pourraient s’introduire dans sa vie de trentenaire équilibrée. Il s’agissait plutôt de savoir s’il l’aimait suffisamment pour l’accepter telle qu’elle était… La réponse à cette question se trouvait en lui avant même qu’il ne franchisse le seuil de sa porte une heure auparavant. Il lui fallut juste le réaliser. “Adélaïde… Si je t’ai demandé ça, c’est parce que je veux connaître la personne avec qui je partage ma vie. Rien de plus, rien de moins.” Il attrapa à son tour cette main qui le retenait tout contre elle et l’enserra, avant de la tirer en douceur vers lui. “J’ai bien conscience de ne pas être exemplaire en la matière. Au début, j’ai gardé Valentina secrète en voulant la préserver de mes sentiments pour toi et cela n’a probablement rendu service à personne. Et puis, il y a certainement eu d’autres confessions manquées. C’est vrai, je suis quelqu’un qui ne se confie pas beaucoup, ce n’est pas ce qu’on m’a appris à faire plus jeune mais je travaille là-dessus et je veux que ce soit réciproque sur des sujets aussi importants.” Importants, vu l’état dans lequel cela l’avait mise et pour lequel il ne pouvait pas rester insensible. “Ecoute… Je tiens à toi. C’est un fait, et ça ne changera pas à cause d’une révélation aussi grande soit-elle sur ton passé, ni à cause d'une maladie, parce que je sais qui tu es en dépit de tout ça.” De nouveau, il étudiait son regard, les expressions qui l’habitaient. “Je suis là pour toi, Adélaïde. Je serais incapable de te laisser tomber pour tout ça. Qu’attends-tu de plus ?” Et c’était la triste vérité, il ne voyait pas ce qu’elle pouvait attendre de plus de sa part en cet instant de confession pourtant si intime et si délicate. Les hommes resteraient des hommes.

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